Cette consideration les pourra empescher de s’engager si avant, mais Je Vous respon que nous ne jouons point d…

BnF Français 3758 · contributed by George Lasry · French

Châtillon to Servien, 3 août 1635

Gaspard III de Coligny, maréchal de Châtillon
fromGaspard III de Coligny, maréchal de Châtillon
Abel Servien
toAbel Servien

Châtillon criticizes the army’s condition and discusses withdrawal across the Rhine for greater safety. Deciphered by George Lasry, working with ChatGPT Astra 6 and Anthropic Opus 5.5, in his BnF cipher research of October 2026: 666 written positions, 624 identified (93.7%); one group boundary uncertain.

George Lasry · posted · updated

Method: key recovered based on adjacent plaintext · Extent: complete

Contributed by George Lasry (solution)

George Lasry’s decipherment

George Lasry’s report on this item, as he sent it on 24 October 2026 (PDF), in its own order and wording. The decipherment, the translation and the reconstruction of the key are his, made with ChatGPT Astra 6 and Anthropic Opus 5.5. This project’s own checks follow under Verification.

Français 3758 — Châtillon, 3 August 1635

Contents: Châtillon criticizes the army’s condition and discusses withdrawal across the Rhine for greater safety.

10/10 pages transcribed; 4/4 cipher pages deciphered

Ciphertext-only:
No
Sender:
Châtillon
Recipient:
Servien
Year:
3 août 1635
Key:
78 signs: 56 letter signs, 20 in nomenclature, 2 repeat controls.
Ciphertext:
666 written positions, 624 identified (93.7%); one group boundary uncertain.
Plaintext in another folio of the same volume:
Plaintext in the same volume: f123v for f124r; f126r for f126v–127r; f127r for f127v.
The reconstructed key, from George Lasry’s report.
The reconstructed key, from George Lasry’s report. Image: key reconstructed by George Lasry (report, 24 October 2026); sign images: Bibliothèque nationale de France, Français 3758, via Gallica.

Excerpt and Translation

f127v, cipher continuation

The manuscript lines of the excerpt (f127v, cipher continuation).
The manuscript lines of the excerpt (f127v, cipher continuation). Image: Bibliothèque nationale de France, Français 3758, f127v, via Gallica; crop from George Lasry’s report.

Excerpt

Cette consideration les pourra empescher de s’engager si avant, mais Je Vous respon que nous ne jouons point de ruse cete fois, mais nous passons le Rhin pour nostre plus grande seurete afin d’avoir se grand fleuve entre les ennemis et nous.

Translation

This consideration may prevent them from advancing so far; but I assure you that we are playing no trick this time. We cross the Rhine for our greater safety, in order to have this great river between the enemy and ourselves.

Readable text

The full text, folio by folio, as in the report. Bold marks the passages deciphered from the cipher; the rest is the clear text of the letter. Question marks are the report’s: [?] or a bare ? for a sign or group left unread, a ? after a word for a doubtful reading.

Français 3758 — Châtillon, 3 août 1635

f123r

Lettre de Monsr le Mareschal de Chastillon à Mr Servien, escripte de Nimmeghen le 3e d’Aoust 1635.

Monsieur, depuis le depart de Monsr de Charnacé les affaires ont changé de mal en pis, les ennemis ayant surpris une des plus importantes places de tout cet Estat. Icy Vous verrez par la carte que le fort de Seink est situé à la pointe d’une Isle où le Rhin se separe en deux grandes branches qui causent le meilleur pays que tiennent Mrs les Estats, car le long de ces deux rivieres sont assises les villes les plus considerables que nous ayons. Les ennemis ne pouvoient surprendre une place de plus grande importance que celle-là, laquelle à la vérité avoit esté fort negligée; Messieurs les Estats s’estant confiez à l’advantage de la situation, et comme les mauvais mesnagers sont bien souvent reculans tousjours de faire les reparations, le plus tard qu’ils peuvent. Il en arrive apres des ruines entieres, faute d’y avoir pourveu à temps. Le Gouverneur de ladite place a sollicité l’hyver passé à la Haye pour avoir quatre ou cinq mil livres pour faire les reparations qui estoient du tout necessaires, neantmoins n’en peut rien obtenir et fut contraint de s’en retourner à son gouvernement avec protestation qu’il feit

f123v

que s’il mesadvenoit de cette place, l’on ne s’en prist point à luy, et en ce lieu l’on ne luy avoit laissé que deux compagnies fort foibles dans ce fort qui est d’aussy grande garde que la citadelle de Calais. Ces deux fautes-là l’ont faict perdre. Cela donne un tel espouvantement à tout cet Estat que qui ne sçauroit à quoy se resoudre. Depuis trois jours j’ay veu Mr le P. d’Orange varier en ses propositions, sur quoy j’ay dict mes advis peut estre un peu trop librement.

J’advoue ingenuement que Je ne cognois plus rien en son humeur et le trouve tellement changé et irresolu que cela me faict grand peine. Ses parens du costé de la maison de Nassau et les principaux officiers de son armée sont dans le mesme estonnement que moy, car ils advouent qu’ils ne l’ont jamais veu sy froid comme il a esté toute cette campagne cy.

f124r

J’advoue ingenuement que je ne cognois plus rien à son humeur et le trouve tellement changé et irresolu que cela me faict grand peine. Ses parens du costé de la maison de Nassau sont dans le mesme estonnement que moy, car ils advouent qu’ils ne l’ont jamais veu si froid comme il a esté toute cette campagne cy.

Nous avons encor 25 mil hommes d’aussy bonne infanterie qu’il y en aye en l’Europe, et six mil chevaux d’aussy bonne cavallerie qu’on en puisse desirer, principalement les trois mil chevaux qui nous restent encor sont en bon estat. Cependant avec de telles forces on a faict difficulté de prendre un logement à deux lieues d’icy vis-à-vis du fort que nous avons perdu, où l’armée des ennemis se peult loger et par consequent maintiendront leur conqueste. Au lieu que sy nous les eussions prevenus, nous eussions bloqué ledit fort sy estroittement qu’ils ne le pourroient plus secourir ny y avoir aucune communication, et par ce seul moyen nous pourrions leur rendre inutile et esperer de regagner cette place dans peu de jours. Au contraire, sy nous donnons loisir aux ennemis de s’y affermir, cela causera un tel estonnement dans ce petit Estat qu’ils auront peine à s’en relever. Sy l’armée du Roy n’y estoit, Je ne sçay là où ils en seroient, puis que nos forces jointes aux leurs on a grand peine à les asseurer.

Mr le prince d’Orange allegue qu’il ne pourroit prendre ces logemens sans hazarder une bataille, laquelle

f124v

n’estoit pas conseillable, les ennemis ayant douze mil chevaux et vingt mil hommes de pied effectifs, parce qu’en la perdant le pays estoit generalement perdu à cause de l’advantage de la place qu’ils ont gaignée. Apres avoir bien debattu les raisons de part et d’autre, Il s’est resolu de passer de l’autre costé du Rhin afin de ne rien hazarder. J’ay creu qu’il estoit à propos de Vous donner franchement advis de tout cela. Nous en conferasmes hier long temps, Monsr le Mareschal de Brezé et moy en particulier, et resolumes de Vous l’escrire. Au reste Je Vous puis asseurer que jamais nous n’avons mieux esté ensemble que nous sommes à present, avec ferme resolution l’un et l’autre de continuer cette estroitte intelligence.

f125r

La derniere despesche que nous avons receue du Roy nous a esté rendue par le Sr Boutard, dont nous avions eu le duplicata huict jours auparavant par la voye de Liege. Sa M. nous faisant l’honneur de respondre à une despesche que j’avois faicte du 14e de Juin, par laquelle Je Vous avois representé assez franchement l’estat où nous estions alors, prevoyant les inconveniens où nous sommes tombez depuis, Il Vous a pleu me faire cognoistre que j’avois hazardé en Vous escrivant sy librement sans chiffres, ce que Je ne pouvois faire par ce que Vous ne m’en avez point donné. Depuis Monsr le Mareschal de Brezé m’a donné celuy dont Vous Vous servez avec luy au voyage d’Allemagne, et auquel Je me serviray en quelques lignes de cette lettre.

Touchant la proposition que Vous faictes à Monsr le Prince d’Orange de jetter un corps d’armée dans la Flandre pour essayer d’y faire quelque progrés, ou pour le moins essayer d’obliger les ennemis d’y envoyer des forces et ainsi les divertir, asseurant que Sa M. feroit faire une attaque du costé d’Artois (Monsr le Duc de Chaulnes ayant charge d’y entrer avec huict mil hommes de pied et deux mil chevaux). Maintenant que cette malheureuse surprise du fort de Seink est arrivée, nous n’oserions (Monsr le Mareschal de Brezé et moy) insister sur cette proposition-là, et mesmes n’avons pas jugé à propos de le presser de nous faire trouver des batteaux afin d’embarquer le regiment du Sr de Wardenburch pour l’envoyer à Calais, suivant l’ordre du Roy que nous avons receu par une lettre que nous a rendue le Sr Vincent commis duquel

f125v

le Roy veut que nous nous servions conjointement avec le Sr Royer à l’exclusion de tous les autres commis dont Sa M. croit estre mal servie. Nous ne manquerons de suivre l’ordre du Roy ponctuellement en toutes choses et de remettre le soin des monstres entre les mains de ces deux commis qui à la verité ont tesmoigné une grande fidelité et affection à l’exercice de leurs charges.

Il y a une autre consideration qui nous oblige à retenir ledit regiment pour le present, nostre infanterie estant tellement affoiblie par les maladies que Je la crois diminuée de trois mil hommes depuis la derniere monstre que nous fismes faire le lendemain du depart des Srs de Charnacé et d’Espenan. Les grandes traictes que nous avons faictes pour venir icy, et le peu de pain qu’on leur

f126r

Du conseil que j’avois donné à Monsr le P. d’Orange lors que nous arrivasmes à Ruremonde, ayant faict tout ce que j’ay peu pour empescher le sejour de dix sept jours que nous y avons faict.

Je veuille accuser la grande prevoyance [correction au-dessus: inexperience?] de Monsr le P. d’Orange, mais ayant soubz sa conduite deux armées d’humeurs differentes, et dans un pays qui n’avoit pas accoustumé d’avoir de sy grands fardeaux sur les bras, Il ne faut pas s’estonner s’il s’est trouvé embarrassé en cette conduite-là.

f126v

a baillé, qui encore estoit fort mauvais, ont achevé de les abattre, et a faict de sorte que de jour à autre nous voyons tomber quantité de malades. La cavallerie se tient maintenue jusques icy sans en avoir. Il n’y a maintenant capitaine de chevaux legers qui n’ait dix ou douze de ses compagnons malades. Il en meurt peu de ceux qui sont bien secourus parmy l’infanterie. Ils vont assez viste à cause de la mauvaise nourriture qu’ils ont receue. Nous esperons que le Roy trouvera nos raisons bonnes sy nous n’avons en ce point obey au commandement qu’il nous avoit faict d’envoyer ledit regiment en toute diligence à Calais, attendant un ordre nouveau sur la reussite des affaires presentes.

Au reste Monsr, plusieurs sont tesmoins

du conseil que j’avois donné à Monsr le P. d’Orange lorsque nous arrivasmes à Ruremonde, ayant faict tout ce que j’ay peu pour empescher le séjour de dix sept jours que nous y avons faicts,

recevant de tres grandes incommoditez, car au lieu de nous raffraichir nostre cavallerie, elle s’est extremement fatiguée, et les vivres y ont esté tousjours fort rares et fort chers, ce qui me faisoit presser de quitter ces logemens pour s’aller camper vers Cleves ou Zanten sur le bord du Rhin. Nous pouvions empescher facilement la ruine de nostre armée en prenant ce logement et estions à mesme temps mis à couvert le fort de Seink, car les ennemis n’eussent pas songé à rien entreprendre sy nostre armée eust esté campée au lieu que Je Vous marque. Ce n’est pas pour cela que Je vueille accuser la grande prevoyance et ex-

f127r

perience de Monsr le P. d’Orange, mais ayant sous sa conduitte deux armées d’humeurs differentes, et dans un pays qui n’avoit pas accoustumé d’avoir de si grands fardeaux sur les bras.

Il ne faut pas s’estonner s’il s’est trouvé embarrassé en cette conduitte là.

Nous allons maintenant chercher nostre seureté par delà la riviere du Rhin, laissant le poste dont Je Vous ay parlé cy dessus libre aux ennemis qui le peuvent gagner facilement. Peut estre qu’ils croiront que nous faisons cela par ruse de guerre afin d’engager leur armée jusques là où Ils pourroient

Ceste consideration les pourra empescher de s’engager sy avant, mais Je Vous respon que nous ne jouons point de ruse ceste fois icy, mais nous passons le Rhin pour une seureté plus grande afin d’avoir ce grand fleuve entre les ennemis et nous.

f127v

recevoir les mesmes incommoditez pour les vivres que nous avons receu lors que nous estions à Louvain

Cette consideration les pourra empescher de s’engager si avant, mais Je Vous respon que nous ne jouons point de ruse cete fois, mais nous passons le Rhin pour nostre plus grande seurete afin d’avoir se grand fleuve entre les ennemis et nous.

et pourrions trouver quelques meilleurs logemens que ceux que nous avons quittez, ce qui donnera moyen à nostre cavallerie de se remettre.

Je n’ay peu m’empescher de Vous escrire et parler en bon françois sans y employer aucun artifice, jugeant qu’il estoit important que Vous fussiez informé au vray de l’estat auquel nous sommes à present. J’addresse cette despesche qui est assez importante au Sieur Brassier pour Vous la faire tenir aussy seurement et diligemment qu’il le pourra. Je Vous supplieray de me croire tousjours Vostre.

At a glanceKey from adjacent plaintext · complete

The letter
Châtillon to Servien, 3 August 1635, in French.
Where
BnF Français 3758, ff. 123–127, one of the items in George Lasry’s BnF report (p. 86). The same volume is part of the Rohan 1636 target.
The cipher
78 signs: 56 letter signs, 20 nomenclature entries and 2 repeat controls.
How it was read
Plaintext of the same letters survives elsewhere in the volume (f. 123v, f. 126r, f. 127r), and Lasry rebuilt the key from it. Our spot check found the codes consistent with his table but could not read the small crop sign by sign.
What it says
Châtillon assures Servien that “we are playing no trick this time”: the army crosses the Rhine to put the great river between the enemy and itself.
Still open
42 of 666 written positions are unidentified, and one group boundary is uncertain.
Credit
Key and reading are George Lasry’s.

01 Verification

Spot-check against the manuscript

This result is George Lasry’s. This project did not re-solve the cipher: it checked one sample against the Gallica image and recorded what it found.

Notes and corrections

Fr. 3758 is also part of targets/rohan1636.

02 Other contributions

The plaintext of the period beside the cipher, as George Lasry reports it:

Plaintext in another folio of the same volume
Plaintext in the same volume: f123v for f124r; f126r for f126v–127r; f127r for f127v.

Full texts

The transcription and the decryption of every document on this page, so that the reading can be used and checked. Short files are shown here; all are in the repository.

chatillon1635 (BnF Français 3758, 3 août 1635)

Châtillon criticizes the army’s condition and discusses withdrawal across the Rhine for greater safety.

Reading: in full above, in George Lasry’s decipherment (readable.md)

Translation: in full above, in George Lasry’s decipherment (translation_excerpt.md)

03 Sources