même de son metier, aussi est on, on peu dire, ignorant presomptueux, entete comme un bas Breton qu’on est [?]…

BnF Français 5581 · contributed by George Lasry · French

Writer in Mondesir, Isle de France

A private letter from Isle de France criticizes the governor’s conduct, weak coastal defence and food shortages caused by price controls. The writer also discusses an artillery appointment, the forge enterprise, debts, and selling his share to provide for his wife. Deciphered by George Lasry, working with ChatGPT Astra 6 and Anthropic Opus 5.5, in his BnF cipher research of October 2026: 4,923 elements: 3,950 deciphered, 949 separator marks (?), 24 unidentified.

George Lasry · posted · updated

Method: key recovered from ciphertext-only · Extent: partial (96% of the cipher)

Contributed by George Lasry (solution)

George Lasry’s decipherment

George Lasry’s report on this item, as he sent it on 24 October 2026 (PDF), in its own order and wording. The decipherment, the translation and the reconstruction of the key are his, made with ChatGPT Astra 6 and Anthropic Opus 5.5. This project’s own checks follow under Verification.

Français 5581 — Letter from Mondesir

Contents: A private letter from Isle de France criticizes the governor’s conduct, weak coastal defence and food shortages caused by price controls. The writer also discusses an artillery appointment, the forge enterprise, debts, and selling his share to provide for his wife.

13/13 pages transcribed; 11/11 cipher pages deciphered

Ciphertext-only:
Yes
Sender:
Writer in Mondesir, Isle de France (name not established)
Recipient:
The writer’s wife
Year:
20 November 1769, with later additions
Key:
24 mapped signs: 23 letter forms, 1 name; 2 personal signs unidentified.
Ciphertext:
4,923 elements: 3,950 deciphered, 949 separator marks (?), 24 unidentified
The reconstructed key, from George Lasry’s report.
The reconstructed key, from George Lasry’s report. Image: key reconstructed by George Lasry (report, 24 October 2026); sign images: Bibliothèque nationale de France, Français 5581, via Gallica.

Excerpt and Translation

f50v

The manuscript lines of the excerpt (f50v).
The manuscript lines of the excerpt (f50v). Image: Bibliothèque nationale de France, Français 5581, f50v, via Gallica; crop from George Lasry’s report.

Excerpt

même de son metier, aussi est on, on peu dire, ignorant presomptueux, entete comme un bas Breton qu’on est [?] se lai[s]se prevenir fortement souvent par le premier venu, entier dans ses idees qu'on a saisit promptement et mis à execution sans faire aucune reflexion ni consulter personne. Aussi fait on beaucoup de sottises et d'ordonnances dont on est obligé de revenir ou de laisser sans effets. [?] est vif jusque à l’emportement et aux exces…

Translation

Even in his own profession, he is, one may say, ignorant, presumptuous, and stubborn as a Breton. [?] lets himself be strongly prejudiced by the first person who comes along, clings to ideas hastily seized upon, and puts them into action without reflection or consulting anyone. This produces many foolish decisions and orders that have to be reversed or left without effect. [?] is impetuous, to the point of anger and excess.

f51r

The manuscript lines of the excerpt (f51r).
The manuscript lines of the excerpt (f51r). Image: Bibliothèque nationale de France, Français 5581, f51r, via Gallica; crop from George Lasry’s report.

Excerpt

la deffence sur l’agiotage des billets du Roy avec les piastres, sur lequel on a esté obligé de fermer les yeux comme sur la taxation des denrees de toute espece.

Translation

The ban on speculating in the king’s bills against piastres, on which they have been obliged to turn a blind eye, as with fixing the prices of provisions of every kind.

f56r, continuous paragraph, lines3–6 — 56r

The manuscript lines of the excerpt (f56r, continuous paragraph, lines3–6 — 56r).
The manuscript lines of the excerpt (f56r, continuous paragraph, lines3–6 — 56r). Image: Bibliothèque nationale de France, Français 5581, f56r, via Gallica; crop from George Lasry’s report.

Excerpt

Et si après on veut maccorder des hommes et de largent et que jaye deux ans de paix pour me preparer a la guerre on verra la Différence du[c/n?] homme e un autre.

Translation

And if they then wish to give me men and money, and I have two years of peace to prepare for war, people will see the difference between [one?] man and another.

Readable text

The full text, folio by folio, as in the report. Bold marks the passages deciphered from the cipher; the rest is the clear text of the letter. Question marks are the report’s: [?] or a bare ? for a sign or group left unread, a ? after a word for a doubtful reading.

Français 5581

f50r

Duplicata. De Mondesir à l’isle de France le 20 9bre 1769.

Je t’ay ecris, ma chere amie, il y a environ trois semaines par la voye du cap de Bonne esperance mais à moins que le hazard ne fasse Rencontrer là à notre vaisseau de coste un des notres de l’inde qui y soit en Relache, cette lettre ne pouvant te parvenir que par les navires hollandois tu ne dois la Recevoir que longtemps apres celle cy, c’est pourquoy j’ay preferé à t’envoyer par Lorry Fournier le duplicata de la lettre dont j’ay chargé Mr Dusel qui est partit par le Sphinx vaisseau du Roy avec le duplicata de la lettre de change de 6000# et la premiere de celle de 3405# 18s [?] destinée à payer le premier terme de ce que je dois à Mr Bertin, il manquera pour le solder 360# que je t’esperay avoir avant que cette lettre parte et en ce cas je les y joindray pour completter la somme due de 3766# 16s. Sinon ce sera par les vaisseaux suivants ainsy que je te l’ay marqué, il loge Rue de Clery au coin de la Rue St Claude. Si je t’envoye ces 360# avec cette lettre tu Retirera tout uniquement mon billet sinon tu prendra un Recu en attendant que tu luy Remette le Reste.

Je profiteray, ma chere Reine, de tous les moyens de te faire passer de l’argent que je pourray employer mais nos dettes sont si considerables et nous sommes si fort pressez par nos creanciers que je t’annonce à mon grand Regret que tu ne dois pas t’attendre à des envois considerables. Il faut se liquider, c’est le 1er devoir et Bien ta façon de penser. Nous devons, entre Herman et moy d’apres un Etat qu’il en a Remis à Mr le chr Des Roches et excepté les 6000 piastres de Mr de Boukinville, tout est echeu et grande partie depuis plusieurs années. Juge de notre position. Heureusement que les ordres du Roy sont venus à notre secour en venant à celuy de toute la colonie ecrasée plus ou moins de dette par la cruelle position ou elle s’est trouvée pendant la guerre ou on l’a laissé manquer de tout et en proye à la cupidité de tous ceux qui ont [?] de sa cruelle position en luy fournissant à des prix exorbitants les Besoins les plus urgents. Croiroit-on qu’il y a eu des marins qui avec 6000# de fonds ont fait 120000# en vendant les choses 20 fois ce qu’elles leur avoit couté.

Je t’ay marqué precedamment, ma chere amie, ce que la prudence m’avoit dicté pour parvenir à mon But et combien il étoit necessaire que j’employasse des moyens pacifiques pour ne pas me brouiller avec Herman. Je suis convenu pour cela avec [?] qu’il feindroit avoir Recu des ordres du ministre avant son depart pour prendre une connoissance particuliere de nos affaires d’apres la Demande que luy en avoit fait Mr le duc de Penthievre, que en son particulier je luy etois tres fort recommandé par amitié pour toy et que d’ailleurs ce ne pouvoit etre qu’avec sa connoissance et d’apres le com[p]te le plus exact de l’etat de nos affaires soit entre Herman et moi ou avec [?] dont il est procureur qu’il pouvoit venir à notre secour et que consequamment on eut à travailler à mettre toutes les com[p]tes en regles. Cela a Beaucoup plus fait que toutes mes demandes violentes. J’en est meme eussi et l’on a promis que tout seroit en regle pour le 1er de l’an prochain. Mais je ne crois pas que cela soit possible parceque l’on ne tient ni livre ni registre en regle et qu’on a tout au plus des feuilles volantes dont la plus part ont surement esté detruites. Je travaille toujours aussi avec le menagement necessaire pour ne pas blesser l’amour propre de Herman à perfectioner le travail des forges et des fourneaux. Herman a esté obligé de convenir avec tout le monde de tout le Bien qui [?] fait sans compter le courant et cela fait renaitre la confiance mais il est encor bien d’autres articles ou je voudrois faire des changemens mais il en est à cet egard comme de la queue du chat à arracher. Il y a si longtemps que Herman est le maitre absolu et gouverne en consequence à sa guise que ce n’est pas une petite affaire que d’en venir à bout sans se brouiller grand mal

f50v

qu'il faut evitter avec le plus grand soin et qui ne doit exister qu'autant que nous y serons absolument forcé. Notre gouverneur est une personne tres difficile à definir. Elle a le fond du coeur bon en apparence, susceptible de compassion et d'etre touché des malheureux, genereuse jusqu'à la prodigalité et d'une politesse si grande quand elle est contente et si generale qu'elle en devient ennuieuse et ne flatte plus. Beaucoup de promesse consecutivement à cela qu'on fait sans reflexion d'abondance de coeur et qu'on ne peut effectuer, ce qu'on a je crois quelquefois peu prevu. Elle a plus d'esprit que de jugement et une vivacité singuliere. Il y a toute apparence que [?] a toujours esté plus occupé de ses plaisirs que des interes même de son metier. Aussi est on, on peu dire, ignorant presomptueux, entete comme un bas Breton qu'on est [?] se lai[s]se prevenir fortement souvent par le premier venu, entier dans ses idees qu'on a saisit promptement et mis à execution sans faire aucune reflexion ni consulter personne. Aussi fait on beaucoup de sottises et d'ordonnances dont on est obligé de revenir ou de laisser sans effets. [?] est vif jusque à l'emportement et aux exces inconsideres. Il veut se meler de tout avec le plus grand despotisme. C'est l'effet de sa parenté au ministre.

L'intendant que Beudet qui est son amy a pressé de le laisser faire des sottises plutot que de le contrarier et de se brouiller avec luy agit consequamment et encore il est fort mon ami. Il me confie journellement ses peines et le chagrin qu'il a de ne pouvoir gouverner comme il le voudroit. C'est un bien galant homme uniquement occupé du bien et du plus grand desinteressement, aussi je l'aime de tout mon coeur. Il estoit cy devant le grand amy de Herman, mais il le connoit maintenant à fond et

il n’y a plus que de la politique. Je luy ay fait part de notre position plus encor pour tes interests que pour les miens en cas que je vienne à mourir et je crois pouvoir me flatter qu’en ce cas que ce malheur arrive tu [?] plus à com[p]ter sur luy que sur [?] malgré toutes les promesses. [?] n’estoit et n’est nullement l’homme qu’il falloit ici. Il est fou des femmes dont il fait le canal des graces et cela luy fera surement faire Bien des fautes. Si tu le [?] nos affaires en iront Beaucoup mieux si tu les traites ici. Comme personne ne scait plaire comme toi quand tu le veut [?] surement ce que tu voudra car il fait souvent mon Eloge et tu juge Bien du plaisir que cela me fait. Dieu veuille Bien nous preserver de la guerre, nous serions pri[s] comme des [?]. On n’a encor pris aucunes precautions pour s’en garantir, on ne s’occupe que de bagatelles ou de grosses inutilites au moins pour le present. J’en ay inde dit sans affectation dans des conversations particulieres pour faire sentir la necessité de se mett[r]e en etat de deffence. Je garde maintenant le plus austere silence. Je ne luy donneray surement pas de conseil malgré lui. Il m’accable toujours de politesse et verballement et par Ecrit et me promet sans ces[s]e de me tirer de la pres[s]e où je suis et que nous pourrons compter que il fera en sorte de faire acheter notre part au Roy et qu’on nous assure pour cela 30 mille livres de rente [?] en France mais je n’ose me livrer au doux espoir. La conduitte qu’il tient d’ailleurs semble trop le dementir. Cependant [j]e le menage toujours avec le plus grand soin en tenant cependant ferme [?] nous [?] contraire à nos interest surement dans la vue de plaire au ministre en diminuant inconsideramment le prix des toutes les denrees aussi ne l’executtent ils pas et pas plus que

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la deffence sur l’agiotage des billets du Roy avec les piastres, sur lequel on a esté obligé de fermer les yeux comme sur la taxation des denrees de toute espece.

Je serois content, ma chere amie, de Mr Des Roches au dela de toute expression sans l’entetement qu’il persiste à vouloir que nous donnions le fer de nos forges aux prix onereux dont je t’ay deja parlé dans mes dernieres lettres. Nous avons deja eu plusieurs explications verbales et par ecrit à ce sujet sans pouvoir le convaincre de l’impossibilité ou nous sommes malgré nos [?] d’adherer à ce qu’il desire parcequ’il s’ensuivroit celle de ne parvenir à la liquidation de nos dettes que dans un temps si Reculé que notre vie ne pourroit suffire à nous faire jouir de cette satisfaction. Il nous fait à ce sujet les plus flatteuses promesses pour nous donner les moyens d’y parvenir Bientot si nous acquiescons à ce qu’il veut mais des promesses vagues sans engagement positif rendroit notre consentement d’autant plus imprudent que nous prendrions des engagemens d’une maniere [?] plus [?] d’autant lorsque le sien n’a Rien de positif que sa parole qui deviendroit nulle s’il cessoit d’etre notre gouverneur par son Rappel ou sa mort. D’ailleurs quand il payeroit nos dettes ce ne pourroit etre qu’avec des avances de la part du Roy qu’il faudroit toujours Rembourcer ainsy ce ne seroit que changer de creanciers.

Je t’ay deja envoyé les premiers memoires que nous luy avons donné pour le faire changer de sentiment avec les Reponses par apostille qu’il y a fait. Tu en trouvera cy joint le Duplicata avec la derniere notre Replique à ses Reponses. Tu y Vera en marge ses dernieres Repliques auxquelles n’avons pas Repondu parceque la lettre qui accompagnoit le dernier memoire qu’il nous Renvoye apostillé annonçoit qu’il etoit decidé. Je luy ay ecris depuis que nous etions decidé aussy à ne pas acquiescer aux prix proposez et que nous nous en tenions à la proposition qu’il avoit primitivement acceptée et Rejetée depuis par je ne scay quelle raison de laisser au ministre à decider sur le prix de nos fers d’apres le memoire que nous luy envoyerons et qui luy sera presenté par toy avec notre soumission d’en passer par tout ce qu’il plairoit à sa justice d’ordonner et la promesse de fournir toujours au Roy en attendant tous les fers coulez et Battus dont il auroit Besoin pour ses armemens ou ses travaux.

Il persiste à vouloir fixer ses prix et nous à n’en vouloir Rien faire. Il nous a menacé de nous oter nos Revers et de les conceder. J’espere qu’il n’en fera Rien. L’intendant et tout ce qui est dans l’isle de consideration a soutenu et d’assez vis à vis de luy nos interets. Comme notre Demande est Raisonnable nous n’en demordons pas. Il fera ce qu’il voudra. Je luy ay ecris dernierement que nous nous en tenions immuablement ou au prix que nous luy avions proposé ou à la decision du ministre. Il ne m’a pas fait de Reponse sur cela mais se sert Bien à un autre article de ma lettre avec toute sorte de politesse et ses marques d’amitié ordinaires. Je l’ay vu depuis avec une espece de crainte qu’il ne se passe une scene vive entre luy et moy, j’ay au moins le voir venir à cet egard, ma visite ayant pour But en dernier lieu de scavoir par moy meme des nouvelles de sa santé qu’avoit derangé un gros Rhume. Il ne me parla que de l’envie de m’obliger sur son ton ordinaire et m’en a donné une preuve en me promettant le moyen de faire un payement de 3000# à janvier allant sur depart à compte de ce que nous luy devons. Je luy en temoignay toute ma Reconnoissance et comme je le trouvay souffrant de sa poitrine je terminay la conversation en luy disant que je ne voulois pas retamer cela sur notre difficulté à propos du prix des fers parceque je ne voulois pas l’echauffer, mon dessein etoit de luy faire entendre que nous etions constant à cet egard dans notre Resolution. Il a assez d’esprit pour m’avoir compris. J’ajoutay en finissant que je luy communiquerois l’idée qui m’etoit venue pour allier l’envie qu’il avoit de nous obliger avec celle de la diminution des prix du fer, ensorte que le Roy les auroit par la suite meme au dessous du prix de faveur, c’est celuy de la vente à sa Majesté de la part d’Herman et de la mienne ou de la mienne seule s’il ne veut acheter qu’un tiers à present

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et d’entrer dès à present en jouissance moyennant qu’on nous assurera en passant le contract 60000# de Rente en fonds de terre moitié à Herman l’autre à moy ou 30 à moy seul si on ne veut acheter que mon tiers. S’il n’est question que de mon tiers et que l’on consente à te donner des domaines en propre ou et comme tu voudra dont tu jouira pro facto j’en pass[e]ray par tout ou l’on voudra sur les autres conditions mais à finir mes jours icy pour assurer au Roy les avantages que je luy fais appercevoir dans le prospectus que je viens de faire avec Herman sur ces arrangemens et dont tu Recevra une copie avec cette lettre ainsy je t’envoyeray en meme temps mon Blanc seing pour pouvoir traiter de cette affaire conjointement avec les lettres qu’aura ecrit Mr Des Roches s’il veut Reelement assurer ton sort comme il me le dit encor à notre derniere conversation en me parlant luy meme de 30000# de Rente. Ainsy tache de mener Beudet à nos fins et si Mr de Penthievre veut pour la premiere fois de sa vie nous servir avec chaleur qu’il agisse pres du ministre.

Si on n’achette d’abord que ma part une fois le 3e fourneau Bati Herman et Latour geront de Reste et Bien l’Etablissement sans moy, surtout conjointement avec celuy qu’on leur adjoindra pour veiller aux interets du Roy. Comme cet Etablissement n’auroit jamais eu lieu sans moy qui en suis le premier autheur plus on en voit l’utilité et la perfection plus je crois suis-je digne de la grace qui me vaille la Recompense d’aller jouir du fruit de mes travaux en passant le Reste de mes jours avec ma femme au Bonheur de laquelle je les ay toujours devoué. Si on me l’accorde elle sera complette et je n’aurois plus Rien à desirer mais si on la croit trop considerable pour me etre accordée en entier et que la clause de mon depart apres deux ans encor de sejour icy pour mettre le comble à la perfection de l’Etablissement donne de l’inquietude au ministre qu’il allonge mon exil jusqu’au terme de ma vie s’il le faut et j’y consens pourvu que les 30000# de Rente en fonds de terre te soit donné. Ton sort et celuy de tes enfans sera decidé par là, toutes nos Dettes en France et icy propre et je moureray quand Dieu voudra ce ne sera pas deja ni apres de longues années mais avec la tranquillité d’esprit que me donnera un mois avant l’idée que je te laisse de quoy te passer de moy et elever tes filles et avec la consolation de t’avoir prouvé quelle est la vivacité de mes tendres sentimens pour toy dont je n’ay jamais eu la satisfaction de te voir Bien convaincue. Enfin ma chere Reine outre ma procuration generale dont tu est munie je joindray à cette lettre un Blanc seing qui t’authorisera à tout faire. Reservé mesme que la procuration pleine par elle mesme n’etre pas suffisante pour decider de ma liberté.

Je t’ay deja prevenu ma Bonne amie que le gouverneur ne paroissoit pas se soucier que je fus employé ici, puis qu’il n’a Rien repondu au conseil que luy en a donné sans affectation mon amy l’intendant en luy faisant sentir combien je pourois etre essentiellement utile au service du Roy tant pour mettre la colonie en etat de deffence en cas de guerre et la deffendre en cas qu’elle fut attaquée ou en cas d’evenemens pour aller faire la meme chose ou enfin par mes talents en continuant les decouvertes utiles que [?] deja fait icy en nombre. Une autre personne en a dit autant à ce [?] sans qu’il aye jugé à propos de faire plus. Ainsy agit de ton costé pour que l’on se decide à m’employer ici comme directeur general de l’artillerie faisant les fonctions d’ingenieur parceque je ne puis me flatter que ce soit comme titulaire. La Refor[me] tacite qu’on a fait et à laquelle on ne devoit pas s’attendre est fort embarassante pour moi pour ce que il [?] ecrit au ministre au sujet de la prolongation de mon sejour ici car que luy dire [?] que l’on ne veut ni me conserver ni m’employer ici [?] le demander, il paroitra etonnant que je ne parle pas de m[on] retour. L’officier de fortune qui commande par hazard

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l’artillerie de nos colonies etoit quand on l’a choisi tout Recament sergent d’une de nos compagnies d’ouvriers. C’est un homme de distinction pour sa partie des travaux de constructions soit en fer ou en bois mais qui ne s’est jamais melé de l’artillerie que pour en faire ou faire faire les voitures ou les affuts. Il se trouve aujourd’huy capitaine commandant tres Bon pour etre en sous ordre. Il est Bien imprudent qu’on lui donne un commandement d’ou depend le salut de [l’]ile d’une aussy grande consequence et que [?] ne sente pas combien il seroit avantageux d’avoir avec lui quelqu’un d’experience?, mais la plus part des ignorants craigne[nt] toujours les gens à talents.

Lorry Fournier vient, ma chere amie, de succecter de luy meme un arrangement avec nous pour la creance qu’Herman a contracté avec luy. Elle etoit depuis 5 ans de 116 mille livres argent ancien de l’isle qui faisoit argent de France celuy actuel d’icy la somme de 160, comme cette dette fut contractée dans le temps de l’agio des piastres ou pour en avoir une effective on en donnoit 4 en lettres de change. Lorry quadrupla ses fonds sur ce plan et plus puisque pour 8000 piastres effectives qu’il avoit negocié il Remit à Herman 32222 piastres en Billets de compagnie. Il a donc proposé de luy meme de Reduire cette somme de 116000# ancien argent qui vaudroit aujourd’huy 160 de l’actuel à 116 mille c’est à dire argent pour argent avec Remise des interests echeus moyenant qu’on luy paya 30000# argent comptant d’icy au mois d’avril prochain et le Reste en quatre termes egaux d’années en années sans interests. Il nous fait par consequent une Remise de plus de 80000#. Si Mr Des Roches veut nous servir comme il me le dit encor dernierement nous parviendrions peut etre à obtenir pareille Remise de la plus part de nos creanciers et en ce cas notre liquidation seroit Bien plus prompte. C’est pour luy faire ce premier payement que Mr Des Roches m’a dernierement promis de nous faire l’avance de 30000# mais en me deffendant de le dire à Herman que je laisse malgré moy dans l’inquietude à cet egard. J’attends avec grande impatience, ma chere amie, ta premiere lettre pour scavoir de tes nouvelles. Nous sommes dans l’inquietude sur le sort de 3 vaisseaux que nous attendons chargés de troupes dont le 1er nommé la [?], flute du Roy, est partie de Brest un mois avant laffriquain arrivé icy depuis 4 mois. Nous craignons que les Anglois ne se soient opposés aux depart des deux derniers et que le 1er ne soit peri. C’est surement dans celuy là qu’etoit la lettre qui me manque de toy ainsy que le paquet de celle de mon Regiment. Je suis Bien impatient de scavoir aussi si le Retrait d’Orvilliers a eut lieu et quel est le succes des demarches de la famille au sujet de la dette au Roy pour le marquisat de Saluces. Nous nous attendons aussy à apprendre Bien des changements dans la compagnie des indes. Bien des gens pensent qu’elle va etre abolie et que la cour en formera une nouvelle ou seront interessés les ministres et tout ce que nous avons de grand. Tout cela m’importe fort peu si nous parvenons à faire acheter notre tiers de cet Etablissement.

Mon 1er desir est de pouvoir t’en assurer la valeur en Europe ou du moins une partie que tu mette dans l’aisance n’importe à quelle condition pour moy personnellement, mon second soit qu’on n’exige de moy autre qu’une prolongation de sejour icy d’un ou deux ans apres lesquels je puis aller chercher dans tes Bras ma fortune particuliere, l’unique ou j’aspire pour moy si ton cœur me la donne. Ah ! que je seray content si ces deux souhaits sont accomplis. Si l’on ne veut pas acheter notre part il faut se resoudre à ne nous plus voir. Je sacrifieray sans hesiter le reste de ma miserable vie à travailler ici à payer annuellement nos dettes avec les Revenus dont la totalité sera apres Destinée jusque à ma mort à te former un fond en le placent à mesure que cela te parviendra et quand [j]e ne serai plus si [Jumesville?] vit encor il sera chargé d’avance de continuer jusqu’à ce que un de tes gendres viennent Recueillir ma su[c]cesion. Voila chere Reine tout ce que mon cœur me dicte ainsy si cecy ne t’alarme pas je ne vois pas d’autre moyen d’assurer ton sort. Dans le prospectus que je t’envoye pour [?]

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le Roy prenne cecy, je n'ay pu m'empecher d'y comprendre la part de Herman, mais si l'on ne veut que ma part, comme il y a lieu de le croire, ou que tu ne veuilles proposer qu'elle il n'y aura qu'à partager tout le calcul en deux avant de le donner. Bon Dieu que je serois content si elle pouvoit avoir lieu. Ainsy remue ciel et terre pour que cela reussisse ; si non borne toy à me faire epargner icy afin que ces appointements suffisent à ma depence particuliere, et que le fruit de mes travaux puissent estre entierement consacres au reste de ma vie.

Un vaisseau de Madagascar venant de Foule pointe m'a porté un echantillon de pierre que je trouve excellente pour nos fourneaux. Je viens d'en faire l'epreuve à ma grande satisfaction ; ainsy nous voila pour jamais exempts de toute inquietude à cet egard. Quand au mois d'avril la saison d'y retourner sera venue, je n'oublyeray pas d'en solliciter pour y en faire une ample provision. C'est un article bien essentiel pour nos forges qui faute de cela seroit exposé au chaumage pendant tout le temps que la guerre empecheroit d'en tirer d'Europe.

Tu presume bien ma chere amie que [?] chaque jour où je ne fasse le desir inutile que le voyage de Paris icy ne fut pas plus long que celuy de la Lauza?. Nous pourrions au moins aller de tems à autre alternativement nous voir. Dernierement je renouvellois ce souhait en desirant que tu pu estre spectatrice de la feste d'une noce d'un de nos ouvriers forgerons noirs. Herman avec raison les a etablies brillantes dans ce genre pour que cette distinction engagea les noirs à apprendre ce dur metier auquel ils ont eu dans les commencements beaucoup de peine à se donner. Ce n'est qu'en flattant leurs amours propres et en leur accordant d'ailleurs beaucoup de prerogatives et de douceurs qu'on est parvenu à faire desirer aux autres d'estre ouvriers et à ceux qui le sont de se plaire dans leur metier.

L'usage est d'aller chercher les mariés à l'eglise avec touts les tambours et la musique de notre bataillon noir dont touts les ouvriers sont soldats. Les mariés qu'on a fait habiller proprement sont conduits à la maison au son de cette musique militaire, et l'on vient au chateau nous faire la reverence comme les paysans le font en France à leur seigneur. Nous embrassons le marié et l'epouse. Ils vont dans le même ordre faire visite à leurs commandeurs ou camarades dans le village, et de là sous un grand hangard orné où [?] le diner qu'on a preparé pour eux et les conviés.

Il en coute ordinairement pour cela un cochon, une trentaine de livres de boeuf,2 ou 300 livres de ris, autant de mahis,20 bouteilles de vin,2 douzaines d'eau de vie qu'on mele dans une barrique d'eau avec 20 ou 30 livres de sucre et du jus de citron destiné au rafraichissement pendant le bal qui dure jusqu'à 8 heures du soir. Et d'ordinaire l'un de nous y va danser avec la mariée. Je t'assure que je m'y suis amusé pendant une couple d'heures à les voir danser des menuets, des contredanses, mais singulierement bien. Mon secretaire y dansa 2 allemandes avec deux de nos negresses de case qui me surprirent par la façon dont elles s'en acquitterent, pour les avoir vu danser seulement à quelques unes de nos dames au bal que nous avons donné pour l'arrivée de M. Des Roches.

J'oubliois de te dire qu'un detachement armé du bataillon negre et en uniforme veilloit au bon ordre pendant toute la feste. Je t'assure que nos paysans de France paroistroient bien brutes vis à vis des 3/4? de nos negres qui naissent tous avec des dispositions singulieres pour la danse et la musique. Notre musique militaire vaut beaucoup mieux que celle de la legion, et les tambours les accompagnent si juste que souvent l'on veut danser à leur son. On nous les envoye quelquefois demander dans des festes pour amuser pendant le repas.

J'oubliois de te dire que tu ne t'imaginerois pas que depuis que [?] est icy, malgré tout ce que moy et les autres ont pu luy dire il n'a pas encor eu le courage de faire le tour de l'isle pour

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prendre connoisan[c]e des costes de l'ile pour mieux pourvoir à la deffence. Il a cependant fait un projet à cet egard que j'ignore mais que je crois depourvu de bon sens, vu le debut des travaux dans un lieu qui seroit qu'on devroit au plus fortifier le dernier. Cette personne s'amuse aussi à jetter les fondemens d'une ville au milieux de l'ile que personne ne sera seurement curieux d'aller habiter. Il fait batir actuellement un gouvernement et des casernes en barracques qui coutent fort cher et ne serviront à rien. Il vaudroit bien mieux employer cet argent à mettre la coste en deffence. Il n'y subsiste presque plus rien de ce qu'on y a fait cy devant. Aussi comme je te l'ay deja dit si par malheur la guerre vient à se declarer nous serons surpris et pris comme des sots. J'entre avec toy dans ce detail pour qu'en cas d'evenements tu puisse dire que ce n'est pas faute que ie ne laye avertis, ce que j'ay fait plus d'une fois avec prudence et amitié et sans la moindre affectation qui pu deplaire. J'avois oublié de te dire aussy que la mesme personne é[t]ant venu pas[s]er quelque jour avec nous icy à dessein de tout voir et de beaucoup causer avec nous d'affaire, mais uniquement occupé des dame[s] que nous avions alternativement journellement pour luy faire une compagnie agreable ou d'aller en voir d'autre dans le voisinage et y diner, se levant d'ailleurs toujours tres tard, ce n'est qu'avec beaucoup de peine qu'il a vu nos forges en courant ou cause[r?] quelque instants. Se[s] plaisirs vont avant tout. Ce n'est pas là du tout ce qu'il nous falloit. Il y aura deja beaucoup de lettres contre luy et il ecrira seurement luy beaucoup de beaux mensonges sur la ges[t]ion qui sera tres couteuse et je puis dire sans aucun fruit. Heureusement tout pas[s]era [co]mme parent du ministre. Au reste tout cela ne me fera jamais grand chose et je le trouveray le plus aimable des humains, [s]i notre affaire se fait par son moyen.

Adieu ma chere amie, je vais vite me mettre à faire le duplicata de cette lettre. Si j'ay quelque chose à y ajouter j'y joindray une feuille. Je t'embrasse mille et mille fois après un bon[d] de desir de 4000 lieues de long. Bon Dieu que je crains d'estre condamné à ne jouir plus de ce vif plaisir, mais sois heureuse et je sacrifieray tout à cela parce que je t'aimeray toujours toute la vie de toutes les facultés de mon ame. Embrasse nos chers enfants pour moy.

Depuis ma lettre ecritte j'ay esté voir M. Des Roches au Reduit où il est fort incommodé d'un gros rheume qui pourroit avoir des suites s'il ne le menage pas mieux qu'il ne l'a fait jusqu'à present. Je n'ay voulu luy parler d'aucune affaire parce que à tout egard ce n'estoit pas là le moment, car outre que je l'ay trouvé fort affecté et souffrant de la poitrine il estoit vivement touché de la mort recente et subite d'un de ses neveux qu'il aimoit beaucoup. Je luy [?] beaucoup remercié des 300 livres qu'il vous a avancé pour votre [?]. C'est une affaire faitte et un bon fardeau dont nous sommes allegés. [?] le cousin d'Herman? vient d'arriver. C'est encor une creature mais qui ne fonctionnera pas de luy mesme.

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comme Jeannin. Mais j'espere que j'en viendray à bout avec le secours de M. Des Roches. Ces remises ne sont pas du gout de Herman, mais j'iray toujours mon train parce que je n'y crois ma conscience engagée en rien. J'aime mieux passer pour moins genereux et avoir l'assurance de pouvoir me liquider.

Je reçois dans le moment ma chere amie ta lettre du 8 avril dernier avec grand plaisir. Elle m'en eut fait davantage si elle eut esté plus fraiche. Le courrier a esté 8 mois à se rendre. Il a esté tres contrarié en route par les calmes, mais il peut bien y avoir de sa faute en faisant une mauvaise route. Il y a pres de 2 mois que nous sçavons l'arrivée de M. de Bougainville et que ta lettre eut pu par consequent me parvenir si elle me fut venue par le vaisseau qui nous en apporta la nouvelle. Mais elle n'en est pas moins la bienvenue.

M. de Bougainville n'a pas esté aussi empressé d'aller te voir qu'il me l'avoit temoigné avant son depart puisqu'il y avoit un mois qu'il estoit arrivé lorsqu'il s'est presenté à ta porte. Je suis charmé que tu sois contente de la robe de toille qu'il t'a portée. J'en ay remercié Herman de ta part. Tu ne me dis rien de celle blanche de l'isle de Cythere qui est cependant bien curieuse. Les mouchoirs sont de la plus belle espece et si tu les donnes à propos ils feront surement plaisir, ou pour mieux dire ils l'auront fait à Beudet. C'est le seul je crois sur lequel nous puissions compter. Aussi, à commencer ma correspondance avec luy, elle est confiante mais prudente, au lieu qu'avec D[u?]b[u?]c elle n'est que fort polie sans luy dire grand chose. Ainsi nous sommes fort dans le brouillard à ce sujet.

J'escris au premier par cette occasion une lettre remplie d'amitié où je luy marque que quant à l'article de nos affaires je le renvoye à toy et que j'[?] tous les memoires qui y sont relatifs. Et que d'apres tout ce qu'il t'a dit et les attentions qu'il a eu pour toy, je fais le plus grand fond sur ses obligeantes promesses. Ma lettre à l'autre est fort courte et uniquement politique, car je ne luy parle de rien. Mes lettres dont je tiens un registre sont faites de façon à pouvoir estre montrées sans crainte même à [?]. Je te le dis à cause de ton inquietude à cet egard. Le second est plus qu'impoli de ne te faire seulement pas [?] chez toy. Ainsi il faut decidement s'attacher au premier que je crois d'ailleurs mieux instruit.

Le contenu de ma premiere lettre et du commencement de celle-cy repondant à tout ce que tu me dis touchant nos dettes et les comptes qu'Herman a à me rendre ainsi que sur l'argent que je puis t'envoyer, je ne puis te rien dire de plus que ce que je t'ay dit sur tout cela. Je ne crois pas qu'il y aye de possibilité à ce que Herman rend ses comptes en regle. Il avoit promis à M. l'intendant et à [?] que ce seroit pour le premier de l'an. Nous en approchons et je ne le vois pas s'en occuper. C'est un cahos dont il ne se tirera jamais et je prevois que nous serons obligés de finir par une cote mal taillée, car il faudra bien en venir à fondre la cloche avant qu'il soit peu.

Il faut que la compagnie soit bien dans ses [?] puisqu'elle ne peut payer d'aussi foible article que ma pension et ce qui reste du sur les appointements de ce pauvre Gillot. Quant à ma pension du Roy, on n'est que malheureusement trop accoutumé à ces retards. Les affaires de notre maitre et de la compagnie ne sont guere en meilleur estat l'une que l'autre et il y a bien à craindre que l'un et l'autre ne soient obligés à faire banqueroutte. Je joindray à cette lettre mon certificat de vie par duplicate.

Oui ma chere amie, je pense plus que jamais comme toy, on n'a rien tant qu'on doit, et c'est le desir de payer qui me resserre si fort sur les moyens de t'envoyer des fonds, parce qu'enfin nos creanciers [?] de façon à nous forcer de nous acquitter avec eux. J'y suis d'autant plus porté d'inclination que ce n'est qu'apres avoir fait cela que je puis me flatter du bonheur de te revoir, encor faut il [?] avoir vendu. Nous ne pouvons le faire à present qu'avec et suivant l'arrangement dont je te fais part dans le memoire joint à cette lettre.

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Si non il faudra se resoudre ou à attendre que les dettes soient payées par les revenus, ce qui pourra aller de 4 à 6 ans, faisant la reduction que Fournier fera si je parviens à faire agréer aux autres le mesme arrangement qu'a pris de luy mesme M. de Poivre. Et si au bout de ce tems le Roy n'en veut pas, il faut comme je te l'ay dit plus haut passer l'acte icy. Et j'y suis tout resolu pour t'assurer un estat et à tes enfans, Marcelle. Comme tu le dis n'est pas chose favorable, le bien diminueroit de moitié de sa valeur et cela ne te formeroit plus une fortune. D'ailleurs les dettes où je suis pour une tierce moitié ne sont pas les seules dont mes associés soient chargés. Herman, si c'en va de ce que je t'ay dit et La Tour, je ne sçay combien. Ainsi lorsque ma part sera liquidée la leur ne le sera pas, et ils ne seront surement pas d'avis quand je le voudroy de vendre alors en nivellement parce que ce qui leur reviendroit ne payeroit peut estre pas leurs dettes et ils se trouveroient vis à vis de rien. Si Montieu m'avoit tenu parole j'aurois eu de quoy t'envoyer une somme et je comptois bien pouvoir compter sur luy.

Nous avons 33000 à payer à M. de Bussy, et plus de 34 à payer avant le mois d'avril, car je me suis engagé à les acquitter pour le depart des derniers vaisseaux. Il faudra bien que de façon ou d'autre nous les trouvions d'icy là. Si notre environ? [?] a esté heureux et que Barbotta? arrive bien chargé dans les premiers jours de fevrier, tems où nous l'attendons, nous aurons de quoy [?]. Nous n'avons pas encor arresté notre compte avec le Roy. Je compte que nous luy avons fourni jusqu'au premier de janvier pour 50000 livres de fer, mais il nous a avancé 66000 livres, ainsi nous luy redevrons environ 16000 sans compter notre tier sur les 90000 qu'il a avancé pour nous aider à mettre le vaisseau dehors. Nous avons bien vendu ce coup pour 28000 de fer à un negociant, mais cet argent a servi à payer nos ouvriers, à avoir [?], à faire des emplettes de choses necessaires pour l'habillement de nos negres ou les provisions de la maison depuis 4 mois, et à payer quelques petites dettes.

Je feray surement de mon mieux les commissions de ta belle soeur et de ton frere. Si elle avoit voulu definitivement me donner son estuit quand je suis parti, il eut fait depuis que je suis icy plusieurs mariages de consequence pour lesquels je l'aurois bien vendu. Si elle me l'envoye j'en tireray le meilleur party possible en tachant d'en faire une loterie. Quant à Madame de Polignac, sans doute elle m'envoyera de l'argent si ce qu'elle veut n'est pas une bagatelle. Je ne sçavois pas que tu connu M. de Clugny. Je n'en serois pas étonné si tu avois continué à voir Madame de Faublas? parce que je crois qu'il y va. Nous avons icy son frere qui commande une flutte du Roy pour la coste.

Le vaisseau qui m'a apporté ta lettre n'est point au Roy. Il est à des marchands particuliers. Il nous en annonce deux autres qui devoient partir incessamment apres luy de Brest, chargés de troupes. Je souhaite bien vivement, je t'assure, que Madame la duchesse de Chartres soit aussi heureuse que riche. Comme elle estoit prévenue sur le compte de son mary, elle en sera moins surprise si ses charmes et les siens ne le font pas revenir de ses égarements. Elle a dû mesme déjà bien prendre son parti d'avance à cet egard et sera par consequent moins malheureuse si son libertinage continue. Je suis fort aise qu'elle desire te voir souvent au palais Royal. Cela sera facile à executter si elle persiste à le desirer.

Il est tout simple que ce mariage se soit fait de part et d'autre avec une grande magnificence. Si l'Evesque et la mere manquèrent de crotte?, il y avoit bien du malheur, s'ils ont l'un et l'autre gardé toute celle qu'on leur a donné, ils doivent en avoir un magasin. Je suis bien sensible au souvenir dont veulent bien m'honorer les deux princes. Je te prie de leur en marquer ma reconnoissance et de les assurer de tout mon respect.

Lorsque tu m'appris dans ta precedente lettre que ton pere alloit plaider contre le Roy au sujet du marquisat de Salins?, je me suis bien doutté que c'est avec sa permission. Je crois qu'il faudroit demander des dommages

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en payement, plustost que de l'argent dont les coffres du Roy sont absolument vides. Vous aurez peut estre imaginé cela tout comme moy. Oui mon coeur, vous m'avez mandé, ainsi que Touchard, la mort de votre pauvre Du Maine. Touchard m'a marqué vous avoir procuré un sujet digne de le remplacer. Vous auriez bien dû me dire si tu en es contente. M. du Sartel du Mont de Marsan est le frere d'un officier de mon regiment qui, ayant su par hazard dans une conversation que j'eus avec luy que tu aimois les cuisses d'oye, t'en a envoyé depuis ce tems là par la voye de Dautrizeau?, ancien domestique de ton pere, auquel j'ay procuré le poste de Bordeaux.

Je ne sçay pas plus que toy si l'histoire qu'a fait M. de Bougainville à propos de l'isle de Cythere est vraye de point en point. La peinture qui existe sur le derriere du gentilhomme fort decent habitant de cette isle qu'il a amené semble avoir voulu authoriser son histoire, car à propos de quoy auroit on orné cette partie avec une triste douleur si l'on eut eu le dessein de la faire voir? Oui, surement, Boulard est un lemurien? et l'affaire du retrait d'Osillant? est en fort mauvaise main à cause de cela, car d'ailleurs c'est un bien honnête garçon. Cela me fait souvenir que M. de la Rose ne s'est pas voulu se charger, au moins directement, de cette affaire. Il n'y a pas de procedure de chicanne à faire pour cela. Une fois qu'on a consigné l'argent, prouvé la parenté et signifié le retrait, cela s'accorde ordinairement sans le plus leger inconvenient et sans delay.

Nous nous attendons icy au bouleversement de la compagnie. Nous avons reçu par le mesme vaisseau la prose funebre dont tu me parles. Selon moy on pouvoit la rendre plus mechante. Je ne sçay à quoy on a pensé d'aller encor mettre le petit Boullin? à la teste des affaires de cette malheureuse compagnie. M. Dufrayer? me marque qu'il est absolument decidé à partir pour France. Tant mieux pour le pauvre, touchant auquel je te prie de bien des choses de ma part. J'ay prié M. Desflayac? de te porter quelques balles d'excellent caffé. Il me l'a promis. J'espere que tu auras reçu en bon estat le vin du Cap que M. Hector fut chargé de te porter.

Je compte pouvoir doresnavant t'envoyer ce que j'auray à te faire passer en etoffes ou toille par la voye de Madame La Duchesne de Chartres, ainsi previent la Davanne. Dès que j'auray reçu les perles que j'ay demandées pour toy je te les feray passer. Je voudrois bien que mes facultés m'eussent permis de les demander bien grosses. Si nos affaires sont bien les petites que tu recevras ne seront qu'en attendant de plus belles, bien que cela te peut faire plaisir. Tu peux assurer notre fille Sainte Marie que j'iray surement la voir le plus tost que je pourray. Embrasse la bien pour moy ainsi que sa soeur l'ancienne. Baisers à la respectable Madame de Brie et louant? qu'elle veut bien m'accorder dans ses bonnes prieres, et l'assure de mes respects. Respects et compliments bien tendres et autres à tous nos parents et amis.

Herman ne pense surement point à son retour, aussi tost que [?] Je presume que c'est un moyen dont sa petite femme s'est servi pour trouver des ressources. Je t'envoye par Jeannin un petit sac de graine d'agati, l'arbre dont tu m'as ouï parler qui fleurit l'hyver, mais comme c'est un arbre des pays chauds il ne peut venir qu'en Provence et dans les parties meridionales de l'Espagne. J'en avois promis aux Espagnols. Tu en pourras envoyer si tu veux à l'ambassadeur. J'en envoye à M. Duhamel et Baudet pour l'Amerique et à de Remy avec d'autres graines pour le jardin du Roy.

Adieu ma bonne amie. Mes expressions seront trop foibles pour te dire combien je t'aime et desire notre reunion, mais je sçauray tout sacrifier à ton bonheur et sçauray s'il le faut mourir dans le travail.

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Le depart de janvier tardant encor ma bonne amie, je me trouve le tems d'ajoutter encor quelque chose à cette lettre. J'arrive du Reduit où j'ay esté souhaiter la bonne année à M. Des Roches et y passer quelque jours avec luy. Je ne luy ay pas parlé de notre affaire du prix des fers parce que, comme nous persistons avec raison à ne vouloir ou ne pouvoir, pour mieux dire, nous departir de nos dernieres resolutions, nous avons resolu, toute reflexion bien meurement faitte et aussi de l'avis de nos amis, d'en garder le silence et de le voir venir. Il n'est pas possible que de la part qu'a notre gouverneur il ne sente que nous avons raison, mais il hesite à prendre une partie parce qu'il n'aime pas à revenir sur ses pas. Il garde de son costé le silence et me fait toujours beaucoup d'amitié. Il faut tout attendre du tems et de ce que tu feras pour obtenir la justice de notre cause. Je te repette que nous n'ecrivons ni au ministre ni au bureau au sujet par prudence et par delicatesse parce que nous ne pouvons le faire sans faire au moins apparaitre que M. Des Roches a jugé faux cet article interessant sans approfondir la matiere.

Voilà le second terme echu du payement à faire pour M. de Briou? pour le compte de M. de la Tour qui est de 38000 livres et dans un mois nous en avons 28 à payer pour notre compte, engagement pris par moy avec un ancien creancier. Il faut employer pour cela toute la ressource possible. Nous en viendrons à bout, mais cela me donne bien de l'inquietude sur les moyens que je pourray employer pour t'envoyer de l'argent par les derniers vaisseaux, c'est à dire de mars et avril, car je ne compte plus sur les promesses de Montieu? qui faisoient mon espoir pour t'envoyer des fonds. Il est au dessus de moy de le luy faire des reproches, mais on ne donne pas des paroles, surtout à quelqu'un de mon espece, quand on ne veut pas les tenir.

Je te diray ma chere amie qu'il m'a paru que le gouverneur, lors de notre derniere entrevue, estoit dans une position d'esprit qui annonçoit beaucoup d'inquietude et d'embarras, ou je suis bien trompé, car il commence, mais trop tard, qu'il a tres mal enfourné dans la façon dont il a cru pouvoir gouverner. Je t'ay fait part de son debut pour la gestion de ses affaires et combien il alloit partout en avant sans consulter les vieux habitants ou honnêtes gens dans l'experience desquels il pouvoit prendre de bons conseils. Et malgré les avis de quelques uns, qui luy ont fait entrevoir le danger de la route qu'il prenoit, plein de ses idées, dans lesquelles des ignorants ou de faux complaisants l'ont entretenu, il a esté son train à quelques articles près sur lesquels je t'ay deja dit qu'il avoit esté obligé de varier. Il a sûrement tout lieu de s'en repentir et d'autant plus qu'il a envoyé au ministre, ainsi que je te l'ay dit, le detail le plus pompeux de tout ce qu'il pretend avoir fait ou etablis icy de merveilleux. Plus cela aura frappé d'abord, plus cela fera l'impression contraire quand on saura que rien de tout ce qu'il a ecrit qu'il avoit innové ou refor[m]é dans son gouvernement, si viste et avec tant de feu dans l'imagination n'a pu ou ne peut subsister faute de possibilité.

Rien ne denote mieux l'incapacité d'un chef que de donner des ordres sans reflections et sans avoir bien pesé auparavant toutes les raisons pour et contre. C'est encor pis de persister à soutenir ce qu'on a mal vu et de vouloir traiter tout avec un despotisme qui ne s'accorde ni avec les loix ni la raison. Il fulmine dès qu'on luy resiste. Ce n'est pas contre l'intendant auquel [?] demande qu'il acquiesce à tout, même à ses sottises, plutôt que

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de se brouiller avec luy, il agit en consequence et fait prudemment. Il se contente de faire de legeres representations, apres quoy il signe tout. Mais il commence avec raison à en prendre beaucoup de chagrin, parce que c'est un fort honnete homme et qui veut le bien. Il n'en sera pas de meme du conseil avec lequel il est en grand train de se brouiller en luy disputant ses droits et faisant l'imprudence d'ecrire et de parler, comme on dit, à cheval devant temoin au procureur general qui a eu la prudence d'aller luy repondre verbalement. On m'a dit hier qu'il avoit indiscrettement dit à quelqu'un qu'il n'attendoit que l'occasion pour le renvoyer en Europe.

Il a beaucoup deplu au militaire parce qu'on a vu qu'il ne l'estoit pas et qu'il a mal à propos subordonné à des commandants de quartiers, auxquels on a donné de plein vol le rang de major, lors que plusieurs notamment que lieutenants de la milice bourgeoise, il leur fait à present la cour pour dorer la pilule, mais ils ne l'avalleront pas. Les depences enormes et on n'en voit pas un resultat utile. Celles interieures de sa maison sont aussi fortes. Il habite toujours la campagne ce qui deplait beaucoup par la peine que cela donne de l'y aller trouver. Tout y est recu promiscuement et peut y aller presenter le paquet sans avoir besoin de dire pour juger ma chere amie de l'abus qu'on en fait. Il dit hautement que le roy payera tout [?] à la bonne heure comme preuve de ce que tu scais, mais je crois que cela ne suffiroit pas moins. Il croit par là se faire adorer icy. Il est bien dans l'erreur car il a maintenant plus d'ennemis que n'en avoit son predeces[s]eur qu'on commence à regretter.

On va surement estre accablé à la cour de [m]auvaises lettres sur la ges[t]ion, et avec juste raison, mais il n'en aura surement pas sur le desir de gagner de l'argent qui est un grand point. Mais à cet article près là je t'assure qu'il n'a acune des qualites indispensables pour un gouverneur, et nous serons surement à touts egards la victime de la faveur qui l'a mis en place, surtout si la guerre vient. Je me consoleroy de tout cela ma chere amie si nos biens sont remboursés, et je n'en seray pas moins son amy s'il n'[?] coopere [?]. C'est un grand malheur pour luy et pour la colonie qu'il n'aye de confiance ni en moy ni en aucune des personnes faites pour l'avoir.

Il se laisse obseder et persuader par de mauvais sujets qui ne cherchent qu'à mettre la division dans les corps et à le brouiller avec les gens sensés faits pour en estre recherchés. Mais j'auray toujours ma chere amie le plus grand soin de m'entretenir bien avec luy, quoi que l'on cherche, j'en ay des preuves certaines, à l'eloigner de moy tant qu'on peut. Si par hazard le ministere a changé, je ne crois pas qu'il y reste en place, car je crois que Beudet le connoist bien et qu'il avoit ses raisons quand avant mon depart il me dit : alle[z] toujou[?]r[s]. On ne sait ce qu'il peut arriver. Il s'en manque

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beaucoup que le gouvernement fasse le sujet de mon am[b]ition : tu scais ou elle git et cela ne s'ecarte pas de toy. C'est le moment le plus critique ou cela pourroit arriver par la position ou sont les choses et par touts les changemens par où il faudroit qu'on debutta. Mais si en ce cas on veut penser à moy, la premiere chose à exiger est que l'on m'achette ma part de cecy et si apres on veut m'accorder des hommes et de l'argent et que j'aye deux ans de paix pour me preparer à la guerre, on verra la difference du[n] homme e un autre. Voilà ma chere amie tout ce que j'avois à ajouter à ma lettre. [?] paroit enfin s'occuper de rendre ses comptes. Nous verrons comme il s'en tirera. Je laisse à Lorry Fournier à entrer avec toy dans bien des details que je passe sous silence. Adieu encor une fois, je te repetteray sans cesse avec le mesme plaisir que je t'aime de toute mon ame et qu'apres de toy je te prouveray qu'amor omnia vincit. Je ne meurs pas en chemin mais l'envie de vivre pour toy prolongera peut estre mes jours.

Je compte ma chere amie t'envoyer avec cette lettre le duplicata des premiers memoires que je t'ay envoyé par la Sphinge? aussy que les reponses aux reponses que Mr Des Roches a mis de sa main en marge de l'original du memoire dernier que nous luy avons remis, dont cy joint est la copie. Je laisse à faire chez luy ce duplicata et il n'est point icy. M. des Roches me l'ayant demandé pour l'aider à faire ses explications il y est resté plus que je ne comptois. Et quand aux repliques aux dernieres apostilles elles se trouvent devoir estre indispensablement plus longues que nous ne comptions, sur tout eu egard au dernier article qui est tres captieux et fait pour seduire quelqu'un qui ne sent pas ce qui c'est qu'un establissement tel que le nostre à establir et à maintenir dans une colonie. Il demandoit presque à luy seul un memoire entier. Neanmoins il a pu achever le tout pour le depart de ce vaisseau. Tu le recevras donc en regle ainsy que tout le reste par le suivant qui sera le marquis de Castries.

La taxation imprudente qu'a fait de[s] denrees [?] conduit à grand pas vers la disette. On commence à manquer de tout ; on ne porte plus rien au marché et les choses les plus necessaires se vendent en cachette beaucoup plus cher que quand il est arrivé. Et l'on ne trouve plus un boeuf pour la boucherie, en sorte que les aubergistes sont prevenus qu'ils ne pourront plus nourir personne. Juge de ce qui va resulter de tout cela.

At a glanceCiphertext-only break · partial (96% of the cipher)

The letter
A letter of 20 November 1769 from a writer at Mondesir, Isle de France (name not established), to his wife, with later additions; in French.
Where
BnF Français 5581, 13 pages, 11 of them cipher pages (Gallica).
The cipher
A pigpen-style substitution: 24 mapped signs, 23 letter forms and 1 name, with 2 personal signs unidentified.
How it was read
The key was recovered from the ciphertext alone by George Lasry. This project did not re-solve it: it checked one sample against the Gallica image and partly confirmed it.
What it says
A sharp portrait of an official as ignorant, presumptuous and as stubborn as a Breton, and talk of banning speculation in the king’s bills against piastres.
Still open
949 separator marks and 24 unidentified elements; the page notes that the figures are ambiguous.
Credit
George Lasry, with ChatGPT Astra 6 and Anthropic Opus 5.5, BnF cipher research, 10 October 2026.

01 Verification

Spot-check against the manuscript

This result is George Lasry’s. This project did not re-solve the cipher: it checked one sample against the Gallica image and recorded what it found.

Full texts

The transcription and the decryption of every document on this page, so that the reading can be used and checked. Short files are shown here; all are in the repository.

George Lasry's decipherment (report PDF, 24 Oct 2026)

A private letter from Isle de France criticizes the governor’s conduct, weak coastal defence and food shortages caused by price controls. The writer also discusses an artillery appointment, the forge enterprise, debts, and selling his share to provide for his wife.

Decryption: in full above, in George Lasry’s decipherment (readable.md)

Reading: in full above, in George Lasry’s decipherment (readable.md)

Translation: in full above, in George Lasry’s decipherment (translation_excerpt.md)

02 Sources