…dit seulement qu’il croyoit, et je trouve que c’est avec assez de raison, que l’affaire est à present presque…

BnF Clairambault 1108 · contributed by George Lasry · French

Jacques Vergier to Monseigneur, probably Jérôme de Pontchartrain, 10, 20, 26, 29 and 30 March 1696; 6 April 1696?

Jacques Vergier
fromJacques Vergier

Vergier reports the Anglo-Dutch fleet off Calais, Jacobite landing plans, and his conversations with James II’s entourage; he also discusses naval preparations at Dunkerque. Deciphered by George Lasry, working with ChatGPT Astra 6 and Anthropic Opus 5.5, in his BnF cipher research of October 2026: 1,212 elements, 1,209 identified (99.8%).

George Lasry · posted · updated

Method: key recovered based on adjacent plaintext · Extent: complete

Contributed by George Lasry (solution)

George Lasry’s decipherment

George Lasry’s report on this item, as he sent it on 24 October 2026 (PDF), in its own order and wording. The decipherment, the translation and the reconstruction of the key are his, made with ChatGPT Astra 6 and Anthropic Opus 5.5. This project’s own checks follow under Verification.

Clairambault 1108

Contents: Vergier reports the Anglo-Dutch fleet off Calais, Jacobite landing plans, and his conversations with James II’s entourage; he also discusses naval preparations at Dunkerque.

17/17 pages transcribed; 12/12 cipher pages deciphered

Ciphertext-only:
No
Sender:
Jacques Vergier
Recipient:
Monseigneur, probably Jérôme de Pontchartrain
Year:
10, 20, 26, 29 and 30 March 1696; 6 April 1696?
Key:
152 codes: 31 letter codes, 116 nomenclature entries, 5 nulls
Ciphertext:
1,212 elements, 1,209 identified (99.8%)
Interlinear plaintext:
Historical interlinear plaintext in the six letters, ff247r–251v,256v–257v,260v– 262r.
The reconstructed key, from George Lasry’s report.
The reconstructed key, from George Lasry’s report. Image: key reconstructed by George Lasry (report, 24 October 2026); sign images: Bibliothèque nationale de France, Clairambault 1108, via Gallica.

Excerpt and Translation

f249v

The manuscript lines of the excerpt (f249v).
The manuscript lines of the excerpt (f249v). Image: Bibliothèque nationale de France, Clairambault 1108, f249v, via Gallica; crop from George Lasry’s report.

Excerpt

…dit seulement qu’il croyoit, et je trouve que c’est avec assez de raison, que l’affaire est à present presque impraticable sur la coste de Kent, à cause des forces que le Prince d’Orange a mises de ce costé-là. Et qu’il seroit à present necessaire de tenter le debarquement dans la province d’York, où sont presque tous les haras d’Angleterre, et où par consequent on trouveroit les chevaux necessaires pour l’armée, ou bien dans une des provinces de l’Ouest.

Translation

…said only that he thought—and with good reason, I believe—that the enterprise is now almost impracticable on the coast of Kent because of the forces the Prince of Orange has stationed there. It would now be necessary to attempt the landing in Yorkshire, where almost all England’s stud farms are situated and where the horses needed for the army could consequently be found, or in one of the western provinces.

Readable text

The full text, folio by folio, as in the report. Bold marks the passages deciphered from the cipher; the rest is the clear text of the letter. Question marks are the report’s: [?] or a bare ? for a sign or group left unread, a ? after a word for a doubtful reading.

Clairambault 1108

f247r

À Calais ce 20e mars.

Monseigneur,

J’ay receu les deux lettres que vous m’avés fait l’honneur de m’escrire des 14e et 15e de ce mois.

Comme je n’ay eu aucun rapport particulier à faire au Roy d’Angleterre, je n’ay pu m’insinuer bien particulierement dans son esprit. Cependant je luy fais une cour très assidüe. Il m’addresse assez souvent la parole et escoute volontiers ce que je luy dis. M. de Louvigny n’allant point à Boulogne, je l’ay prié, et il m’a promis de m’addresser le plus qu’il pourra des nouvelles ou autres choses, qu’il faille rapporter au Roy d’Angleterre, affin d’avoir par là occasion d’insinuation

f247v

auprès de luy. Et je vous supplie très humblement, Monseigneur, de vouloir bien par les mesmes moyens y contribuer de vostre costé.

Le Duc de Berwick n’a esté icy que peu de jours depuis que j’y suis, en estant parti pour Paris il y a plus de huit jours.

À l’égard des Anglois qui sont auprès du Roy d’Angleterre, je suis parfaitement avec eux. Et j’espere m’y mettre mieux encore à Boulogne, parce que je tascheray d’estre logé assez commodement pour pour leur donner souvent à manger, ce que je n’ay pu faire icy par le deffaut de logement.

Et vous savés que le vin [et] un peu d’adresse de discours sont de puissan[t]s scrutateurs des cœurs.

Les ennemis sont tousjours mouillés au mesme endroit et en mesme nombre, c’est à dire vingt-trois ou vingt-quatre vaisseaux. Les corsaires de Dunkerque ont pris des bastiments chargés de troupes pour Angleterre. Il en entra un hyer dans lequel estoient trois compagnies angloises avec les lieutenants et enseignes. Les capitaines n’y estoient pas. Et l’on en voyoit trois autres prests à entrer. Vous saurés cette nouvelle plus precisement par Mr L’Empereur.

f248r

Je suis avec un profond respect,

Monseigneur, Vostre très humble et très obeïssant serviteur,

Vergier.

f249r

M. Vergier à Boulogne ce 26e mars 1696

Monseigneur,

Depuis la derniere lettre que j’ay eu l’honneur de vous écrire, j’ay esté deux jours à Dunkerque, ainsy que ce m’estoit donné l’honneur de vous le marquer. Et Mr de Louvigny m’a obligé d’en retourner à Calais pour y expedier et payer la conduite de Calais à Dunkerque à l’equipage du Lutin, et enfin j’arrivay icy hier au soir.

f249v

J’ay veu ce matin Milord Myddleton et j’ay eu une longue conversation avec luy. Il m’a paru beaucoup plus empressé que de coutume pour l’entreprise Il m’a dit seulement qu’il croyoit, et je trouve que c’est avec assez de raison, que l’affaire est à present presque impraticable sur la coste de Kent, à cause des forces que le Prince d’Orange a mises de ce costé-là. Et qu’il seroit à present necessaire de tenter le debarquement dans la province d’York, où sont presque tous les haras d’Angleterre, et où par consequent on trouveroit les chevaux necessaires pour l’armée, ou bien dans une des provinces de l’Ouest, parce que le pays y est abondant en sorte que l’armée y subsisteroit aisement. Ou mesme de faire la descente dans ces deux lieux-là à la

f250r

fois. Et pour cela de faire embarquer à Brest les troupes destinées pour l’Ouest, et à Calais celles destinées pour York. Voilà, Monseigneur, son projet. Il peut y avoir quelque chose de bon, mais je ne sçay si l’execution n’en seroit pas plus difficile que du premier.

D’ailleurs il compte sur la fidelité de plusieurs per[so]nnes dans ce pays-là, et je veux bien le croire, mais je juge par tout ce que j’entends dire et à luy et aux autres qu’ils n’y ont guere d’intelligence ny mesme de correspondance, car ils n’en reçoivent aucune nouvelle, ny par la Hollande ny d’ailleurs. Et tout ce qu’ils en apprennent leur vient du chevalier Girardin, qui est un Irlandais estably à Dunkerque.

Je suis avec un profond respect, Monseigneur, vostre tres humble et tres obeissant serviteur,

Vergier

f251r

Mr Vergier à Boulogne le 29e mars 1696. Monseigneur,

Nous avions appris par des lettres particulieres de Toulon que l’armée en estoit partie le 13e de ce mois. Cependant le Duc de Berwick a mandé au Roy d’Angleterre qu’elle y estoit encore le 18e de mars. Cela le tient fort en peine, et il m’a fait prier ce matin par Milord Myddleton de tascher de sçavoir ce qui en est. Comme je ne veux sça[vo]ir ny debiter de toutes ch[o]ses que ce que vous jugerés à propos que j’en

f251v

sçache et que j’en debite, je vous suplie très humblement, Monseigneur, de vouloir bien en cette occasion estre mon nouvelliste.

Aussy bien que sur les choses que j’eus hyer l’honneur de vous mander.

Je suis avec un profond respect,

Monseigneur,

Vostre très humble et très obeïssant serviteur,

Vergier.

f256r

À Calais ce 10e mars 1696.

Monseigneur,

J’ay receu les deux lettres que vous m’avés fait l’honneur de m’escrire des 6e et 8e de ce mois.

Les ennemis qui avant hyer avoient paru sous Douvre au nombre de quinze vaisseaux, parurent hyer en cette rade au nombre de soixante voiles, vingt deux desquelles sont vaisseaux depuis cent iusques à cinquante canons ; quinze fregattes de dix huit à trente canons ; dix ou douze galiottes à bombes, les reste caiches ou autres petits batiments de charge. Ils passerent à une portée et demye de canon des forts des jettées sur une colonne, les anglois estant à la teste avec pavillons d’admiral, de viceadmiral, et de contreadmiral, et les hollandois à la queue

f256v

avec un pareil nombre de pavillons. En passant devant les testes des jettées, trois vaisseaux anglois s’en approcherent à la portée du canon sur les deux heures et demye et donnerent leur bordée en faisant leur route. Toute cette flotte portant tousiours le cap à l’est alla mouiller sur les cinq heures entre la fosse de Mardic et ce port à environ une lieüe d’icy, et y est encore. À la veüe des galiottes nous crumes qu’ils vouloient bombarder cette ville et y brusler les bastimens qui sont dans le port. Mais il faut ou qu’ils n’ayent pas les choses necessaires pour cette execution, ou qu’ils ayent un autre dessein, puisqu’ils ont perdu hyer et aujourd’huy le temps le plus favorable qu’ils puissent desirer.

Le Roy d’Angleterre et le duc de Berwick, pendant que tout cela se passa, furent constamment sur le rempart occupez à distinguer avec des lunettes le nom des vaisseaux anglois, et à tascher de deviner le nom de leurs commandans.

Les ordres qu’on a donnez icy pour les entreprises des ennemis consistent en trois cables qu’on a entraversés à la teste des jettées pour empescher les brulots et autres bastiments d’entrer dans le port. On a fait mettre le plus qu’on a pu les bastiments qui estoient dans le port entassez, affin qu’ils soient obliques

f257r

les uns des autres, et que le feu prenant à l’un par une bombe on puisse plus aisement en garantir les voisins. On a retiré de ces bastiments la paille et autres choses combustibles, et on a mis sur chacun des bailles et autres futailles pleines d’eau.

On a armé six chaloupes commandées par des officiers de marine dans lesquelles on a mis des grenadiers de terre, douze dans chacune. Et enfin on a mis les batteries des forts en estat d’incommoder les ennemis avec les bombes et avec le canon s’ils tentoient de s’approcher de trop près.

Comme on vit que les ennemis avoient dépassé cette rade portant tousiours à l’Est, on appréhenda qu’ils n’en voulussent à l’escadre de Mr de Gabaret. C’est pourquoy Mr de Bouflers despescha hyer un courrier à Dunkerque pour le faire avertir qu’il se tinst sur ses gardes et qu’il rentrast dans les jettées s’il le pouvoit ou s’il le trouvoit à propos.

On observe sans cesse la contenance des ennemis, et s’ils font mine d’aller à Dunkerque, Mr le mareschal de Bouflers se prepare à s’y rendre.

Mr de Bouflers et Mr d’Harcour paroissent fort d’intelligence. Le premier tousiours plein de circonspection pour le Roy d’Angleterre. Mais et les uns et les autres passent les trois quarts du temps en pourparlers

f257v

inutiles, et fatiguent fort Mr de Louvigny qui ne songe qu’à aller au fait.

Je suis avec un profond respect,

Monseigneur,

Vostre très humble et très obeïssant serviteur,

Vergier.

f260r

À Boulogne ce 30e mars 1696.

Monseigneur,

Mr le marquis de Harcourt est party ce matin pour Versailles après avoir eu depuis six iusques à sept heures une conference avec le Roy sur une lettre de Mr de Barbezieux qu’il receut hyer. Vous savés le veritable sujet de son voyage. Tout le monde françois et anglois conjecture icy que c’est pour concerter quelque nouveau projet pour l’entreprise d’Angleterre.

Le Roy d’Angleterre m’a dit aujourd’huy que la Reine luy mande avoir appris de vous, Monseigneur, que l’armée navale avoit relaché à Toulon le 18e de ce mois, et en estoit

f260v

repartie le 22e.

J’ay eu plusieurs conversations particulieres avec Milord Myddleton, dans lesquelles j’ay tasché de descouvrir ses sentimens. Je le croy bien intentionné, et je ne doute plus que Mr de Louvigny ne se soit trompé dans le soupçon qu’il en avoit conceu. Je ne laisseray pas de le sonder en toute occasion et d’observer ses discours et ses demarches.

Je suis avec un profond respect.

Monseigneur,

Vostre très humble et très obeïssant serviteur,

Vergier.

f261r

À Boulogne ce 6e mars 1696.

Monseigneur,

Je receus hyer les lettres que vous m’avés fait l’honneur de m’escrire des 28 mars et 2 avril. Celle du 28 mars m’a esté rendüe tard parce qu’elle estoit adressée à Calais et qu’on y a esté peu exact à me la renvoyer.

Je n’aurois pas osé vous faire faire le premier, Monseigneur, la reflexion que vous faites dans vostre lettre du 24 mars et que vous confirmez par celle du 2e avril, de peur que vous ne soupçonnassiez

f261v

cet advis d’ennuy et d’inquietude de ma part plustost que de prudence et de bon conseil. Cependant cela me frappoit depuis long temps et surtout depuis qu’on sçait icy qu’on arme à Dunkerque, où je pourrois estre utile pendant que l’on me voit très inutile icy. C’est pourquoy je n’ay pas cru devoir essayer d’y rester davantage.

J’ay seulement donné à mon depart un tour qui n’a pas deplu au Roy d’Angleterre et que je croy que vous ne desapprouverés pas. Je luy ay fait entendre que me voyant icy inutile pour son service, j’avois demandé il y a quelque temps à Mr vostre pere la permission de m’en retourner à Dunkerque pour y ayder à avancer l’armement, et qu’il m’a répondu que si je me voyois inutile à Boulogne je pouvois m’en retourner à Dunkerque, pourveu que le Roy d’Angleterre approuvast mon depart ; que mesme il m’avoit fait l’honneur de me mettre sous ses ordres, je ne devois faire aucun mouvement sans son ordre exprès. Il m’a paru fort touché de

f262r

cette honnesteté de Mr de Pontchartrain et de mon empressement pour son service, car il est très persuadé que l’armement de Dunkerque regarde sa descente et doit se joindre à Mr de Chasteaurenaut, et il m’a dit qu’il croyoit qu’effectivement je serois plus utile à Dunkerque. D’ailleurs, Monseigneur, je suis parfaitement avec Milord Myddleton et avec tout ce qu’il y a icy d’anglois un peu considerable, estant avec eux en coterie journaliere de debauche et de plaisir.

Je n’ay rien remarqué en Milord Myddleton qui ne me confirme ce que j’ay eu l’honneur de vous en marquer en dernier lieu.

Je suis avec un profond respect,

Monseigneur,

Vostre très humble et très obeïssant serviteur,

Vergier.

At a glanceKey from adjacent plaintext · complete

The letters
Jacques Vergier to a “Monseigneur”, probably Jérôme de Pontchartrain, from Boulogne and Dunkirk, March–April 1696 (10, 20, 26, 29 and 30 March; a sixth possibly 16 April), in French.
Where
BnF Clairambault 1108; 17 pages transcribed, 12 cipher pages deciphered.
The cipher
152 codes: 31 letter codes, 116 nomenclature entries and 5 nulls.
How it was read
Historical interlinear plaintext stands in six of the letters. A spot-check of f251v codes against the Gallica image matched the interlinear; no symbol-level decode was done here.
What it says
An enterprise is now almost impracticable on the coast of Kent because of the Prince of Orange’s forces; the landing should be tried in Yorkshire, with its stud farms, or in the west.
Credit
The result is George Lasry’s; this project only checked one sample.
Still open
3 of 1,212 elements are unidentified.

01 Verification

Spot-check against the manuscript

This result is George Lasry’s. This project did not re-solve the cipher: it checked one sample against the Gallica image and recorded what it found.

Notes and corrections

Folder renamed from the report's slug vergier1690: every letter is dated 1696. The report's "6 April 1696?" is probably 16 April (f252r, "a Dunkerque ce 16e avril 1696").

02 Other contributions

The plaintext of the period beside the cipher, as George Lasry reports it:

Interlinear plaintext
Historical interlinear plaintext in the six letters, ff247r–251v,256v–257v,260v– 262r.

Full texts

The transcription and the decryption of every document on this page, so that the reading can be used and checked. Short files are shown here; all are in the repository.

George Lasry's excerpt and translation (BnF cipher research, 10 Oct 2026)

Jacques Vergier to Monseigneur, probably Jérôme de Pontchartrain, letters of 10, 20, 26, 29 and 30 March and 6 (16?) April 1696. Vergier reports the Anglo-Dutch fleet off Calais, Jacobite landing plans, and his conversations with James II’s entourage; he also discusses naval preparations at Dunkerque.

Decryption: in full above, in George Lasry’s decipherment (readable.md)

Reading: in full above, in George Lasry’s decipherment (readable.md)

Translation: in full above, in George Lasry’s decipherment (translation_excerpt.md)

03 Sources